L’analphabétisme

Quelques chiffres…                                                       

Quelques chiffres tirés de la dernière étude du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes, réalisée par l’OCDE dans 22 pays :

  • Au Québec, 1,2 millions d’adultes ont une maîtrise si faible de la lecture qu’ils ne peuvent pas fonctionner normalement.
  • 53% de la population active québécoise n’a pas les compétences souhaitables en lecture, le pire résultat au Canada.

Et ces chiffres ne comptent pas les 65 ans et plus!

[ Publiés dans « La catastrophe québécoise », La Presse, 11 novembre 2013 ]

Quelques explications

« Mais comment est-ce possible, on n’est pas obligés d’aller à l’école jusqu’à 16 ans !? »

  • Dans bien des cas, les compétences ont été acquises, mais perdues au fil du temps;
  • Pas étonnant, le taux de décrochage scolaire se situe toujours autour de 15% pour le Québec et 25% pour Montréal;
  • Ce sont des histoires d’enfances marquées généralement par la pauvreté et l’injustice :
    • Pour certains, synonymes de violence, d’abus, d’abandon… qui, souvent, à l’âge adulte, entraînent des problèmes de santé mentale;
    • D’autres sont victimes d’intimidation ou se voient placés dans des classes dites « spéciales » et étiquetés comme « idiots » ou « paresseux »;
  • Tous se cachent, se sentent honteux et coupables, même s’il est clair que c’est un problème de société.

Bref, le système scolaire ne répond pas aux besoins de tous et c’est ce à quoi La Jarnigoine tente de remédier…

Les conséquences

Être peu ou pas alphabétisé, ça veut dire …

  • La pauvreté : se retrouver avec le frigo vide à la fin du mois dans un logement souvent insalubre et qui nous coûte plus de 50% de nos revenus précaires, pour la plupart provenant de l’aide financière de dernier recours;
  • L’exclusion : parce que le Diplôme d’études secondaires est exigé, l’accès au travail est très difficile, le transport en commun est trop cher, on reste enfermés chez soi, isolés;
  • Les problèmes de santé physique et mentale : en plus d’être davantage sujets à la maladie et à la détresse psychologique à cause des conditions de vie difficiles, le manque de connaissances de base et le vocabulaire restreint complexifient la communication avec les professionnels de la santé, ce qui se traduit par une prise en charge inadéquate de leur santé et une espérance de vie moindre;
  • Une participation citoyenne très limitée : ne pas comprendre l’information diffusée par les médias ou donnée par les services à la clientèle et les réponses vocales automatisées est leur lot quotidien, exacerbé à l’ère où l’informatisation devient la norme. C’est donc ne pas avoir voix au chapitre dans une société sur laquelle on n’a aucune influence politique.

Or l’analphabétisme et ses conséquences se reproduisent et se transmettent de génération en génération car les enfants des personnes peu alphabétisées sont plus à risque de se retrouver dans la même situation.

Pour l’ensemble du Canada, les coûts relatifs à l’analphabétisme sont estimés à plus de 43 milliards de dollars canadiens (ce qui équivaut à 2 % du PIB).